Nouvelle étude EPITA : avec l’IA, les entreprises attendent déjà autre chose des jeunes diplômés

Selon une enquête menée par l’EPITA auprès de 232 diplômés de l’école et de collaborateurs des services technologiques d’Enedis et Datadog, 67 % des répondants utilisent déjà l’IA générative tous les jours dans leurs missions. 70 % estiment que son développement nécessite de nouvelles compétences. L’IA automatise une partie de la production, tandis que les professionnels se concentrent davantage sur le pilotage, la vérification et la prise de décision.

Travailler avec l’IA est devenu la norme

Dans les métiers de l’ingénierie et du numérique, l’IA générative a déjà quitté le registre de l’expérimentation. Elle s’installe dans les pratiques quotidiennes, et 91 % y voient d’abord un moyen de travailler plus vite.

Son usage accompagne désormais une part croissante des missions : générer ou améliorer du code, rechercher une information, analyser des données, rédiger ou structurer des idées. Cette évolution est particulièrement visible chez les profils en début de carrière, qui mobilisent davantage l’IA pour produire, coder et automatiser.

L’adoption progresse plus vite que les cadres de gouvernance

L’étude montre que l’IA ne se limite plus aux usages individuels. Elle s’installe progressivement dans les outils, les processus et les environnements de travail des organisations. 86 % des répondants indiquent que leur organisation met à disposition des outils d’IA générative.

Cette diffusion reste cependant encore en cours de structuration. 40 % des répondants déclarent utiliser des outils personnels pour leurs missions professionnelles (ce que l’on appelle le “Shadow IA”), signe que les entreprises doivent rapidement s’adapter.

Cette situation ouvre un enjeu clé pour les organisations : passer d’une adoption individuelle de l’IA à une intégration maîtrisée dans les outils métiers, les processus, les règles de sécurité et les pratiques collectives.

L’IA, un outil puissant qui ne se substitue pas à l’expertise humaine

70 % des répondants estiment que l’IA nécessite de nouvelles compétences. Plus l’IA accélère l’exécution, plus elle rend indispensables l’esprit critique, la maîtrise technique, la compréhension métier et la capacité à arbitrer.

L’IA ne remplace pas la responsabilité de l’ingénieur ou du professionnel du numérique. Elle la déplace vers la supervision, la vérification, la documentation, la sécurité, la souveraineté et l’éthique.

Pour les entreprises, l’enjeu n’est plus seulement de recruter des profils capables d’utiliser l’IA, mais des professionnels capables d’en comprendre les limites, d’en contrôler les résultats et d’en assumer les conséquences. Dans ce contexte, les compétences techniques fondamentales, la capacité d’analyse et la compréhension des enjeux de sécurité, de souveraineté et d’éthique deviennent des critères de différenciation de plus en plus importants.

Consulter l’enquête